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Mais que dis-tu ? À la fin !
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Mais que dis-tu ? À la fin !
Voilà ce que je dis, ce que je m’évertue à ne pas te cacher, pour toujours me soustraire à tes impératifs.
Je dis qu’elle est amère, la honte que j’ai bue et que je suis nocif.
Il se peut que je tue ma propre métaphore et l’image de toi.
En soi je le déplore, mais il en est ainsi.
Je n’ai que du remords.
Ne me vois-tu contrit ?
Alors montre tes griffes et mords, je t’en conjure. Regarde les blessures déchirant notre ciel où nombre d’hirondelles s’écrasent, agonisent ; où se désorganise un possible futur.
Nuages de dentelle noire sur la démesure…
Quelques éclaboussures du sang de mon artère…
Et je me désespère.
Et tu penses mes mots avant que ne les dise.
Je lis sous tes paupières des éclairs de tristesse.
Je cherche un chien sans laisse pour tracer un chemin que tu prendras matin. Puis je cheminerai bien autrement que toi.
J’ai trouvé un cercueil afin que tout repose dans la pâleur des choses. J’enfouirai mes crachats dessous un lit de feuilles où perle la rosée.
Si tu passes par-là, écoute dans les branches de l’arbre dépouillé.
Il te dira l’écueil…
Lorsque viendront l’hiver et quelques oiseaux morts dans la litière blanche, pour que je vive encor il te faudra me taire.
Le rêve est ajourné de l’aube au crépuscule.
Et sur la neige étanche gît un coin de pensée que nul n’a remarqué. Elle souffre martyr et tente en vain de dire que je suis ridicule.
Que je suis ridicule.
Loin dans cette campagne une chèvre égarée ne cherche pas le bagne où je suis enfermé.
Vaste étendue de vert et quelques robes longues sur les troncs…
Doux concert volatile que fait taire un instant le gong de l’orage soudain.
Je n’en suis plus atteint.
J’ai vomi toute bile.
Ces quelques primevères toutes fraîches écloses ont eu raison de moi.
Le cachot de ma prose volera en éclat.
En attendant cela j’aurai quelques humeurs.
Je compterai les heures à regarder le vent qui dans les herbes pleure tandis que je transpire et t’imagine au cœur d’un océan désert.
L’encre de ma sueur n’ose encor s’affranchir.
Je t’ai vue à l’instant noyée parmi la foule et glace ! Ton sourire me tue quand je surprends la houle qui tangue ton navire.
Je m’affole et secoue ma prison. Je trépigne.
Je ne finis ni signe mes lignes ne valent pas un clou.
***
Le soleil de mi-août cogne déjà, ce matin-là, lorsque timide et repenti, les poches vides de tout manuscrit, je frappe à ta porte.
M’ouvriras-tu ?
Je dis qu’elle est amère, la honte que j’ai bue et que je suis nocif.
Il se peut que je tue ma propre métaphore et l’image de toi.
En soi je le déplore, mais il en est ainsi.
Je n’ai que du remords.
Ne me vois-tu contrit ?
Alors montre tes griffes et mords, je t’en conjure. Regarde les blessures déchirant notre ciel où nombre d’hirondelles s’écrasent, agonisent ; où se désorganise un possible futur.
Nuages de dentelle noire sur la démesure…
Quelques éclaboussures du sang de mon artère…
Et je me désespère.
Et tu penses mes mots avant que ne les dise.
Je lis sous tes paupières des éclairs de tristesse.
Je cherche un chien sans laisse pour tracer un chemin que tu prendras matin. Puis je cheminerai bien autrement que toi.
J’ai trouvé un cercueil afin que tout repose dans la pâleur des choses. J’enfouirai mes crachats dessous un lit de feuilles où perle la rosée.
Si tu passes par-là, écoute dans les branches de l’arbre dépouillé.
Il te dira l’écueil…
Lorsque viendront l’hiver et quelques oiseaux morts dans la litière blanche, pour que je vive encor il te faudra me taire.
Le rêve est ajourné de l’aube au crépuscule.
Et sur la neige étanche gît un coin de pensée que nul n’a remarqué. Elle souffre martyr et tente en vain de dire que je suis ridicule.
Que je suis ridicule.
Loin dans cette campagne une chèvre égarée ne cherche pas le bagne où je suis enfermé.
Vaste étendue de vert et quelques robes longues sur les troncs…
Doux concert volatile que fait taire un instant le gong de l’orage soudain.
Je n’en suis plus atteint.
J’ai vomi toute bile.
Ces quelques primevères toutes fraîches écloses ont eu raison de moi.
Le cachot de ma prose volera en éclat.
En attendant cela j’aurai quelques humeurs.
Je compterai les heures à regarder le vent qui dans les herbes pleure tandis que je transpire et t’imagine au cœur d’un océan désert.
L’encre de ma sueur n’ose encor s’affranchir.
Je t’ai vue à l’instant noyée parmi la foule et glace ! Ton sourire me tue quand je surprends la houle qui tangue ton navire.
Je m’affole et secoue ma prison. Je trépigne.
Je ne finis ni signe mes lignes ne valent pas un clou.
***
Le soleil de mi-août cogne déjà, ce matin-là, lorsque timide et repenti, les poches vides de tout manuscrit, je frappe à ta porte.
M’ouvriras-tu ?
Re: Mais que dis-tu ? À la fin !
Je reviendrai lire plus attentivement. 


Ratoune- MacadAccro

- Messages: 1618
Date d'inscription: 01/09/2009
Re: Mais que dis-tu ? À la fin !
Le Mur à Dédé permet de relancer cette pierre sur le haut du pavé.
En espérant que quelqu'un vienne se cogner dedans.
Nilo, roulez carrosses.
En espérant que quelqu'un vienne se cogner dedans.
Nilo, roulez carrosses.
_________________
... Tu lui diras que je m'en fiche. Que je m'en fiche. - Léo Ferré, "La vie d'artiste"
Re: Mais que dis-tu ? À la fin !
Aujourd'hui encore j'ai décidé de rendre hommage au travail de certains auteurs de [Nouvelles] en allant repêcher certaines de leurs pages oubliées et de vous les offrir.
Nilo, Missing.
Nilo, Missing.
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... Tu lui diras que je m'en fiche. Que je m'en fiche. - Léo Ferré, "La vie d'artiste"
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