Derniers sujets
MACAD’Actu
Un auteur à la Une de Macadam:
__________________________________________________________________
Découvrez les oeuvres de nos artistes et laissez une trace: La toile du moment : "Autoportrait à la croix d'argent" de Dam . ___________________________________________________________________
Le mot du mois
de Janvier:
BATAILLE
lâchez vous sur ce mot !
___________________________________________________________________
- et notre superbe dico de l'improblable, Donnez votre définition de ORSSILISME
- _________________________________________________
L'Appartement
Macadam :: MacadaTextes :: Nouvelles
Page 1 sur 1 • Partager •
L'Appartement
Petit fragment d'un texte. Je ne suis pas à l'aise avec les nouvelles. Mais je tente.
-
-
Je pénétrais dans l’appartement et découvrais une merveille. Je tentais de conserver l’habituel sérieux de mon visage qui me caractérise et les mains dans les poches je déambulais déjà de pièce en pièce alors que s’offrait à moi ce genre de spectacle qui confond les larmes de crocodiles à celles-là, chaudes et salées que seuls quelques éclats lumineux de beauté peuvent faire ruisseler. Ce lieu, enfin je le trouvais. Tout était parfait, comme je l’avais écris dans mes cahiers adolescents où je m’évertuais à lutter contre un désoeuvrement que je regrette encore aujourd’hui. Je noircissais ces pages chaque matin alors que je me réveillais bien plus tôt que l’heure à laquelle mon réveil devait m’extirper de mon sommeil de plomb. J’avais si peur de dormir profondément, terrifié à l’idée que l’esprit ne puisse retrouver le chemin du corps et abandonne ma carcasse dans ces draps rugueux et désagréables, que j’ouvrais les yeux avant que le soleil n’ait le temps d’annoncer la naissance du nouveau jour. Mes carnets ainsi se remplirent de mon obstination à décrire un appartement qui puisse réunir les élans contradictoires de mon âme, avec des pièces qui chacune à leur tour accueilleraient mes humeurs comme on baisait les mains des demoiselles, avec douceur et politesse sans jamais être dupe, et surtout avec des poignées de porte qui se manifestent par leur vigueur dès qu’on les saisit.
L’adéquation enivrante du lourd passé que portait en lui cet appartement avec l’explosive jeunesse de celle qui l’habitait vint anéantir mes synapses quelques minutes qui prirent la forme d’heures. Sensation du songe en éveil, sur mes deux jambes pourtant vives et solides le parquet s’éloignait dessous mes pieds à mesure que je progressais dans l’antre des anges. J’étais tombé amoureux de l’appartement, pas de la fille. J’ai toujours éprouvé un pur dégoût lorsque je creusais les corps humain, que je guettais sous la peau les horreurs rouges, voir un cœur photographié ou un poumon m’était insurmontable, je me révélais en effet plus apte à combattre mon appréhension à voir un amas de chair souffrante plutôt qu’un intérieur en parfaite santé. Dès que je prenais conscience de ma composition organique, et ce dès mon plus jeune âge, je me sentais défaillir comme ces dames qui tournent de l’œil à la vue du sang et qui s’évanouissent le revers de la paume sur le front. A peine avais-je mis un pied dans cet étroit couloir courbé, mon esprit s’embua et c’est l’inverse de ce malaise qui me bouscula.
Je flottais sur les mûrs à l’horizontal et priais d’avoir assez de force pour conserver mon corps dans ce bain de brume, j’avais enfin le plein contrôle de mes veines et ne laissais plus toute la hiérarchie de mon corps s’autogérer, le moindre poil qui se hérissait, les battements de cœur, de paupière, tout était soumis à ma volonté parfaite. J’étais un dieu et je le savais. Les portes grinçantes étaient souffrantes, c’était un ballet de terreurs, une symphonie criarde de malheurs qui coexistaient entre eux, cet appartement recelait autant de trésors enfouis que de suicidés.
L’adéquation enivrante du lourd passé que portait en lui cet appartement avec l’explosive jeunesse de celle qui l’habitait vint anéantir mes synapses quelques minutes qui prirent la forme d’heures. Sensation du songe en éveil, sur mes deux jambes pourtant vives et solides le parquet s’éloignait dessous mes pieds à mesure que je progressais dans l’antre des anges. J’étais tombé amoureux de l’appartement, pas de la fille. J’ai toujours éprouvé un pur dégoût lorsque je creusais les corps humain, que je guettais sous la peau les horreurs rouges, voir un cœur photographié ou un poumon m’était insurmontable, je me révélais en effet plus apte à combattre mon appréhension à voir un amas de chair souffrante plutôt qu’un intérieur en parfaite santé. Dès que je prenais conscience de ma composition organique, et ce dès mon plus jeune âge, je me sentais défaillir comme ces dames qui tournent de l’œil à la vue du sang et qui s’évanouissent le revers de la paume sur le front. A peine avais-je mis un pied dans cet étroit couloir courbé, mon esprit s’embua et c’est l’inverse de ce malaise qui me bouscula.
Je flottais sur les mûrs à l’horizontal et priais d’avoir assez de force pour conserver mon corps dans ce bain de brume, j’avais enfin le plein contrôle de mes veines et ne laissais plus toute la hiérarchie de mon corps s’autogérer, le moindre poil qui se hérissait, les battements de cœur, de paupière, tout était soumis à ma volonté parfaite. J’étais un dieu et je le savais. Les portes grinçantes étaient souffrantes, c’était un ballet de terreurs, une symphonie criarde de malheurs qui coexistaient entre eux, cet appartement recelait autant de trésors enfouis que de suicidés.
Invité- Invité
Re: L'Appartement
et bien, on en veut encore !!
Rondement bien mené cet extrait qui nous emmène à te découvrir bien mieux que l'appartement !
*
Rondement bien mené cet extrait qui nous emmène à te découvrir bien mieux que l'appartement !
*
_________________
LaLou
Re: L'Appartement
un clic sur un certain ours de renommée webmondiale et une sympathique nouvelle qui remonte et se dépoussière...
elle est pô belle la vie?
elle est pô belle la vie?
_________________
LaLou
Re: L'Appartement
Mais oui ma foi.
C'est rondement mené et bien écrit.
Ce texte mérite que d'autres le découvrent.
Nilo, dans le mur.
C'est rondement mené et bien écrit.
Ce texte mérite que d'autres le découvrent.
Nilo, dans le mur.
Dernière édition par Nilo le Mar 18 Mai - 14:41, édité 1 fois
_________________
... Tu lui diras que je m'en fiche. Que je m'en fiche. - Léo Ferré, "La vie d'artiste"
Re: L'Appartement
Un texte glauque, obscur, angoissant qui se dévore tant c'est bien mené.
Amitiés.

Amitiés.

Invité- Invité
Re: L'Appartement
Un clic Dédé
Dommage que l'auteur ne se manifeste plus...j'aurais bien aimé le lire encore.
Sylvie
Dommage que l'auteur ne se manifeste plus...j'aurais bien aimé le lire encore.
Sylvie
_________________
Sylvie
J'aime vraiment faire tourner les aiguilles des horloges à l'envers
Re: L'Appartement
Moi aussi c'est un Clic Dédé qui me conduit ici ce soir.
Et je trouve que ce texte mérite d'être remis en avant.
Nilo, c'est fait.
Et je trouve que ce texte mérite d'être remis en avant.
Nilo, c'est fait.
_________________
... Tu lui diras que je m'en fiche. Que je m'en fiche. - Léo Ferré, "La vie d'artiste"
Sujets similaires» Mise à disposition courte durée d'un appartement 3 pièces 60m2 meublé
» Naxoo : contrat par immeuble vers contrats par appartement.
» Avis de Marché - Versailles (78) -château de Versailles - corps central - grand appartement du Roi - restauration du plafond du salon de Mercure - lot n°2 : Restauration des peintures.
» Cherche appartement vers Aulnay sous bois, Le Blanc-Mesnil..
» Avis de marché - Grenoble (38) - rehabilitation de l'appartement gagnon - musee stendhal
» Naxoo : contrat par immeuble vers contrats par appartement.
» Avis de Marché - Versailles (78) -château de Versailles - corps central - grand appartement du Roi - restauration du plafond du salon de Mercure - lot n°2 : Restauration des peintures.
» Cherche appartement vers Aulnay sous bois, Le Blanc-Mesnil..
» Avis de marché - Grenoble (38) - rehabilitation de l'appartement gagnon - musee stendhal
Macadam :: MacadaTextes :: Nouvelles
Page 1 sur 1
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum










» We are the World
» Que ceux qui n'ont pas peur vendent leur âme au Diable
» ALLEZ VOIR CHEZ RONSARD
» Borges avec deux traductions
» Words, words, words (Léo Ferré)
» Je ne suis qu'un gueux
» HEUREUX QUI COMME ULYSSE (histoire de chien)
» Apprenez-moi