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À cet age enfantin
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À cet age enfantin
Je suis parti un jour pour suivre mon chemin
À cet age enfantin où s’use le velours
Où la peau devient rêche, où se brise l’amour
Où sèche l’encrier. Et la plume, des mains
Me tombe. Le volume des seins capiteux
Esquissé d’un dessin où se lie mon ivresse
Lorsque je retrouvai le lit de ma paresse
Ce fut l’âme gercée et le corps malheureux.
J’ai vu tant de soleils aux rives ombragées
Et tant de feux éteints dans vos regards livides
Tant d’assassins, d’énergumènes impavides
De chiens errant, de poux sur des femmes âgées
Que je suis un vieillard d’à peine dix huit ans.
J’ai brandit haut mon rêve ainsi qu’un étendard
Pris la fuite souvent, une grève trop tard
Cherché le vent contraire et les sorts hésitants.
J’ai voulu des ogresses, des corps de fortune
Je fus si orageux et j’eus tant de ravines
Sous mes pas abîmés. De si belles ondines
Sur ma couche souillée. Je n’en voulus aucune.
Me suffisait la lune en son dernier croissant
Ou son versant dodu de forme demi-ronde
Pourvu que belle dorme, lisse pâle et blonde
J’étais servant. J’étais guerrier je crois, laissant
Liqueurs et vins vous inonder. Je fus l’absinthe
Et je fis des folies, polissais de lait blanc
Un comptoir amoureux, nourris même un enfant
À n’en croire mes yeux absents de vos enceintes.
Libre me suffisait. Je ne voulus surseoir.
Vivre me fut offert. J’attendis la saison
Laissant passer le givre et couler la raison
C’est en haut d’une tour qu’un livre sut m’asseoir.
Je suis gourd, dit ma mère, et de mon incurie
Je suis sûr, et je n’ai que colère, amertume
Envers mes professeurs. Il arriva qu’un rhume
Dont je ne sus guérir tout au long de ma vie
Laissa bien sombre trace et nombre de poisons
À mon cœur et ma face. Sait-on ce qu’un présage
Fait d’ombre ? Mais c’est vrai, je ne fus pas très sage.
Les décombres me glacent ainsi que passions.
À présent que sous terre du mal me repose
Que mon âme est amie des anges dans les cieux
Il n’est plus rien qui me dérange, mais, curieux
Je regarde le monde et j’attends quelque chose.
À cet age enfantin où s’use le velours
Où la peau devient rêche, où se brise l’amour
Où sèche l’encrier. Et la plume, des mains
Me tombe. Le volume des seins capiteux
Esquissé d’un dessin où se lie mon ivresse
Lorsque je retrouvai le lit de ma paresse
Ce fut l’âme gercée et le corps malheureux.
J’ai vu tant de soleils aux rives ombragées
Et tant de feux éteints dans vos regards livides
Tant d’assassins, d’énergumènes impavides
De chiens errant, de poux sur des femmes âgées
Que je suis un vieillard d’à peine dix huit ans.
J’ai brandit haut mon rêve ainsi qu’un étendard
Pris la fuite souvent, une grève trop tard
Cherché le vent contraire et les sorts hésitants.
J’ai voulu des ogresses, des corps de fortune
Je fus si orageux et j’eus tant de ravines
Sous mes pas abîmés. De si belles ondines
Sur ma couche souillée. Je n’en voulus aucune.
Me suffisait la lune en son dernier croissant
Ou son versant dodu de forme demi-ronde
Pourvu que belle dorme, lisse pâle et blonde
J’étais servant. J’étais guerrier je crois, laissant
Liqueurs et vins vous inonder. Je fus l’absinthe
Et je fis des folies, polissais de lait blanc
Un comptoir amoureux, nourris même un enfant
À n’en croire mes yeux absents de vos enceintes.
Libre me suffisait. Je ne voulus surseoir.
Vivre me fut offert. J’attendis la saison
Laissant passer le givre et couler la raison
C’est en haut d’une tour qu’un livre sut m’asseoir.
Je suis gourd, dit ma mère, et de mon incurie
Je suis sûr, et je n’ai que colère, amertume
Envers mes professeurs. Il arriva qu’un rhume
Dont je ne sus guérir tout au long de ma vie
Laissa bien sombre trace et nombre de poisons
À mon cœur et ma face. Sait-on ce qu’un présage
Fait d’ombre ? Mais c’est vrai, je ne fus pas très sage.
Les décombres me glacent ainsi que passions.
À présent que sous terre du mal me repose
Que mon âme est amie des anges dans les cieux
Il n’est plus rien qui me dérange, mais, curieux
Je regarde le monde et j’attends quelque chose.
Dernière édition par Messaline le Ven 20 Nov - 12:29, édité 1 fois
Re: À cet age enfantin
Effectivement, un bel hommage et de beaux vers. Quelques uns sont un peu cahotants (très peu), d'autres un peu tarabiscotés, mais le souffle est là, le message passe, la musique domine.
Question sur ce vers : "Je suis sur (sûr). Et je n’ai d’amertume "... 9 pieds au milieu des autres, pourquoi ?
Z, attentif.
Question sur ce vers : "Je suis sur (sûr). Et je n’ai d’amertume "... 9 pieds au milieu des autres, pourquoi ?
Z, attentif.

Zlatko- MacadAccro

- Messages: 1554
Date d'inscription: 30/08/2009
Age: 20
Localisation: Centre
Re: À cet age enfantin
D'abord, merci à tous deux, et, en effet Zlatko, que viennent faire ces neufs pieds, tout seuls ? Je n'en sais rien, un manque d'attention de ma part. Je viens de reprendre le vers incriminé, avec quelques hésitations, mais c'est fait. Et désolée pour le chapeau-flexe ^=^, je fais fais toujours cette faute
Mes
line
Mes
Re: À cet age enfantin
Peu importent les fautes Mess, on en fait tous par inadvertance; Un très beau texte en tout cas,
Swann,
Swann,

Swann- MacadAccro

- Messages: 924
Date d'inscription: 31/08/2009
Age: 60
Localisation: entre deux cafés
Re: À cet age enfantin
Oui, bel écrit, fluide, emporté, porté.
Et bel hommage effectivement.
Nilo, quelques péchés capitaux.
Et bel hommage effectivement.
Nilo, quelques péchés capitaux.
_________________
... Tu lui diras que je m'en fiche. Que je m'en fiche. - Léo Ferré, "La vie d'artiste"
Re: À cet age enfantin
Y a pas de doute : le sentiment est bien présent dans cette poésie et au fil de la lecture il ne nous lâche pas d'un pouce même si il lâche parfois d'un pied, ce qui ne me dérange et ne me dérangera jamais!
Sylvie
Sylvie
Re: À cet age enfantin
Quel rythme depuis quelque temps, on se croirait revenu au temps des regards malades de Verlaine et Baudelaire.
Mess' prend salon chez les grands saules.
Tant mieux pour le lecteur.
Mess' prend salon chez les grands saules.
Tant mieux pour le lecteur.


Ratoune- MacadAccro

- Messages: 1618
Date d'inscription: 01/09/2009
Re: À cet age enfantin
RATE, t'as juste oublié Arthur Rimbaud
Mes salons sont pleureurs, oubliés, mais pas grands, et peu pliés, ni malades, je le dis au lecteur
Sylvie = > tu me donnes le pas de danse.
Nilo = > des fruitiers aux fruits capiteux ?
Swann = > Merci pour ton inadversion
Mes
line, tant de choses à dire.
Mes salons sont pleureurs, oubliés, mais pas grands, et peu pliés, ni malades, je le dis au lecteur
Sylvie = > tu me donnes le pas de danse.
Nilo = > des fruitiers aux fruits capiteux ?
Swann = > Merci pour ton inadversion
Mes
Re: À cet age enfantin
Pour ma part mon coeur balance pour Paul depuis toujours, je suis fidèle à ce saule-là plutôt qu'au jonc d'Arthur, fort mais bref. 


Ratoune- MacadAccro

- Messages: 1618
Date d'inscription: 01/09/2009
Re: À cet age enfantin
Un bel hommage pour un poète dont le langage reste si contemporain et si près encore de la passion de la jeunesse.

Carmen P.- MacadAccro

- Messages: 1185
Date d'inscription: 18/11/2009
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