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Tableau Macabre.

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Tableau Macabre.

Message  Anima Solène le Mar 8 Déc - 21:35

[Plusieurs choses: il ne me semble pas avoir vu de coins où caser les textes potentiellements choquants, car celui-ci y aurait très certainement sa place. S'il y en a un, pardonnez-moi, et déplacez-le s'il vous plait =). Autrement, ce texte n'est pas une nouvelle, c'est plutôt un poème en prose, mais j'me serais probablement fait frapper en le plaçant dans "poèmes". Voili, voilou. Enjoy.]

Tableau.


Une obscure lueur verdâtre vient seule réduire les ténèbres de la salle, Fermée à double-tour et sévèrement gardée par quatre gargouilles de pierre et de sang, bienheureuse serait la divinité qui parviendrait à franchir son seuil morbide. À l'intérieur, une centaine de chaînes s'écoule du plafond, entremêlée de toiles d'araignées vieilles de plusieurs siècles, et faisant la fierté des dynasties bestiales ayant choisi cette salle pour demeure séculaire. Un fauteuil de velours rouge se trouve au milieu de la pièce, relié au mur par une multitude de cordes grises si tendues qu'un simple souffle semble pouvoir les faire craquer. Dans chaque coin de la salle, une cuvette remplie d'eau est creusée à quelques dizaines de centimètres sous le sol.

Tout à coup, trois bougies s'allument autour du fauteuil, et l'on peut à présent apercevoir la femme qui est lascivement étendue dessus, nue, serrée par une dizaine de cordes noires. Elle à les cheveux mi-longs, bruns et légèrement bouclés. Ses yeux sont cousus, et elle semble faire des efforts démesurés pour les rouvrir, en vain. La souffrance se lit sur son visage constellé de perles de sueur, et sa bouche entre-ouverte laisse échapper d'infimes vapeurs. En effet, la pièce est froide comme un donjon, et l'extrémité de ses seins a déjà durci.

Des quatre cuvettes surgissent des ombres, elles présentent un contour rappelant la forme du corps humain, mais c'est bien là le seul point commun que l'on puisse trouver avec la femme et ses semblables, Les ombres s'agenouillent et se mettent à ramper en balbutiant quelques paroles maladroites d'une voix rauque: « Je dois écrire vingt fois qu'il ne faut pas manger de bonbons en cours... Sophie m'a encore volé l'une de mes poupées... Je n'aime pas les légumes...J'ai fait un cauchemar...Je peux dormir avec vous? Non. Non. Non. D'accord. ». Tout en murmurant, elles ne cessent de se rapprocher du fauteuil, et la respiration de la femme s'accélère. C'est désormais tout son corps qui est agité de tremblements, et elle tente désespérément de se lever mais les cordes qui lui tiennent les jambes serrées la privent de tout mouvement.

Commence alors le sinistre ballet de chair, où les artistes monstrueux exécutent leurs symphonies diaboliques sur l'instrument palpitant qu'est la femme. De leurs langues noires comme la suie, ils parcourent le corps nu de la victime terrifiée, remplaçant la sueur froide par une bave dense et grise. Leurs doigts la frôlent, l'agrippent, et laissent des traces rougeâtres là où leurs griffes ont passé. Elle gémit, et lorsque les cordes autour de ses jambes se relâchent, et qu'elle sent une créaturetranchante et froide s'y frayer un chemin, la surprise est telle que ses paupières s'écartent brusquement, lui arrachant un cri étouffé. Quelques larmes pourpres ternissent ses joues pâles, mais la pièce de théâtre n'en est qu'à son premier rebondissement. Tout d'abord réduite au statut d'objet tremblant, elle devient désormais un animal domestique, lorsque l'une des ombres s'agrippe à ses seins luisants pour en faire jaillir quelques jets de lait maternel, s'éparpillant lentement sur le dallage de la salle. L'un des monstres s'agenouille et se met à laper en poussant de sinistres miaulements, évoquant ceux d'un félin à l'agonie. Au fur et à mesure qu'il avale, son corps se fait de plus en plus consistant, et ses cris moins plaintifs.

Bientôt, la liqueur se met à jaillir sans que plus personne ne l'y contraigne, et les créatures se la disputent avec hargne. Certaines, vaincues par leurs congénères, disparaissent en gémissant une dernière fois, tandis que les autres se métamorphosent lentement. Petit à petit, on peut apercevoir de-ci de là un nez se former, un bras, où toute autre partie d'un corps masculin Le premier à atteindre entièrement forme humaine se relève en se léchant distraitement les lèvres pour recueillir les dernières gouttes de la somptueuse boisson, et jette un coup d'œil furtif autour de lui. Une expression paniquée se forme alors sur son visage fraîchement dessiné, et il se met à courir en tout sens, manifestement à la recherche d'une issue. Bientôt, tous ses compagnons en font de même, et lorsqu'une porte s'ouvre soudain, ils s'y précipitent en hurlant. Quelques minutes après leur départ, leurs cris bestiaux résonnent encore dans la salle.

Seule, haletante et souillée, la femme n'exécute pas le moindre mouvement bien qu'elle soit désormais libre de tout lien. Sur le mur en face du fauteuil apparaît alors un écran gigantesque, et une musique entraînante se fait entendre. La pièce s'illumine, et de petits personnages animés se mettent à courir en tout sens. Une souris à l'air espiègle poursuit un chat, munie d'un rouleau à pâtisserie. Leurs grands yeux et leurs gestes exagérés forcent le sourire, ainsi que la musique de plus en plus assourdissante. La femme éclate de rire, et avance l'une de ses mains vers son entrejambe, sans jamais cesser de s'esclaffer.

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Re: Tableau Macabre.

Message  Lalou le Mer 9 Déc - 9:33

Tu écris bien.
j'ai lu ...c'est un peu "lourd" à mon avis dans le sens où ça manque d'air, de respiration.;trop de descriptions figées et exterieures à la scene..ça manque de vivant quoi. Peut être est ce voulu mais moi je m'y etouffe.
Bon on peut pas dire que ton sujet me fascine mais peu importe.

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Re: Tableau Macabre.

Message  Nilo le Mer 9 Déc - 17:36

Bon, je passe par politesse parce que ce n'est vraiment pas ma tasse de thé ce genre de texte... Mais peut-être trouvera-t-il un public.

Nilo, bien élevé.

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Re: Tableau Macabre.

Message  Zlatko le Mer 9 Déc - 22:13

Texte froid, sujet glauque... Reste que tu connais des mots !
Un bon coup de "débalaidansleculisation" s'impose, ainsi qu'un petit peu d'humilité dans le ton. Le reste viendra, j'en suis sûr...

Z.

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Re: Tableau Macabre.

Message  Leon le Mer 9 Déc - 22:41

Qu'est ce qu'il y a de choquant là-dedans ?
A part les mots bougies et patisseries j'vois pas.

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Re: Tableau Macabre.

Message  Lalou le Mer 9 Déc - 22:57

Personne n'a dit que c'etait choquant a part l'auteur ! Very Happy

relis ...

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Re: Tableau Macabre.

Message  Leon le Jeu 10 Déc - 7:38

Personne, et pas moi en tout cas, n'a dit que quelqu'un d'autre que l'auteur avait prévenu que c'était choquant.
réfléchis plutot que de chercher la p'tite bête. Tu risques de réveiller un vilain monstre.

Leon
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Re: Tableau Macabre.

Message  Lalou le Jeu 10 Déc - 9:33

Je suis térrifiée.

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Re: Tableau Macabre.

Message  Dédé le Ven 25 Nov - 17:50

J'ai fait le vœu de mettre mon aumône dans la sébile de tous les mendiants que je trouverai sous toutes les portes cochères qui mènent au Petit Etablissement de Crédit que je viens d'ouvrir au profit de ceux qu'en ont pas besoin. En particulier à la Septième liste que j'vous ai filée.
Juste histoire de pas avoir bossé pour rien à les chercher pasque si j'compte que sur vous j'crains qu'y en ait qu'entendent pas le son de votre obole tombant dans leur coupelle.
Charité bien ordonnée...

Dédé.

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Ciao les gonzesses, c'était Dédé. Cool

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